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Acupuncture

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En résumé

L’acupuncture est un système thérapeutique dont les origines historiques sont très liées avec la tradition médicale chinoise et qui consiste en une stimulation de zones précises de l’épiderme (la version la plus connue est la stimulation par aiguilles). La France est le premier pays à avoir établi des consultations hospitalières d’acupuncture (1932, Paul Ferreyrolles à l’Hôpital Bichat), à inscrire l’acupuncture dans la nomenclature des actes médicaux et à assurer son remboursement par la sécurité sociale (1948), à organiser dans les facultés de médecines un enseignement d’acupuncture sous la forme d’un diplôme inter-universitaire (1987) et d’une capacité de médecine (2007). En Belgique et en France la pratique de l’acupuncture est réservée aux médecins.


Description plus élaborée

Introduction | Évaluation scientifique | Indication thérapeutique selon l’acupuncture occidentale

 

Introduction

L’acupuncture ou acuponcture est un système thérapeutique dont les origines historiques sont très liées avec la tradition médicale chinoise et qui consiste en une stimulation de zones précises de l’épiderme : les « points d’acupuncture (en) ».

Le terme chinois usuel 针灸 (zhēnjiǔ) désigne à la fois l’acupuncture et la moxibustion.

Les techniques de stimulation des points d’acupuncture sont effectuées avec des moyens divers : des aiguilles le plus souvent, mais aussi d’autres moyens physiques (mécaniques, électriques, magnétiques, thermiques, lumineux) ou physico-chimiques.

La pratique de l’acupuncture est attestée depuis plusieurs millénaires en Asie (Inde, Chine, Corée, Japon). C’est aujourd’hui, un recours thérapeutique fréquent à travers le monde.

La France est le premier pays à avoir établi des consultations hospitalières d’acupuncture (1932, Paul Ferreyrolles à l’Hôpital Bichat), à inscrire l’acupuncture dans la nomenclature des actes médicaux et à assurer son remboursement par la sécurité sociale (1948), à organiser dans les facultés de médecines un enseignement d’acupuncture sous la forme d’un diplôme inter-universitaire (1987) et d’une capacité de médecine (2007). En France la pratique de l’acupuncture est réservée aux médecins.

De par ses racines historiques, géographiques et culturelles, de ses conditions d’implantation en Occident, l’acupuncture pose un ensemble de questions suscitant des controverses dans des champs différents : médecine, anthropologie, histoire des sciences, épistémologie, sociologie et ce depuis son introduction en Europe au XVIIe siècle.

L’acupuncture est un sujet de recherche médicale très actif : 23 000 publications dont 3200 essais contrôlés randomisés, 700 revues systématiques et 180 méta-analyses sont indexées en 2015 dans la base biomédicales de référence PubMed. Par exemple, dans l’état actuel des connaissances, on peut affirmer avec suffisamment de certitude que l’acupuncture a plus de succès qu’un placebo dans la prise en charge de bon nombre de douleurs chroniques ainsi que pour traiter les nausées et vomissements.

L’UNESCO l’a inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité le 16 novembre 2010.

 

Évaluation scientifique

La pertinence des points de la théorie traditionnelle peut également être évaluée de façon rigoureuse. À titre d’illustration, une aiguille d’acupuncture insérée près de l’articulation du genou d’une souris multiplie par 24 le taux d’adénosine dans les tissus proches de cette zone.
Effets physiologiques
Le concept de méridien est un concept empirique, établi à une époque où l’on ne connaissait pas ou peu le fonctionnement de l’organisme. Le corps est parcouru de réseaux permettant la distribution des informations (système nerveux) et des produits nécessaires au fonctionnement des cellules (notamment circulation sanguine) ; du point de vue de la médecine occidentale moderne, la notion de méridien a donc pu être une compréhension intuitive de cette distribution à partir d’organes vitaux – les textes fondateurs de la médecine traditionnelle chinoise expliquent cependant les concepts de méridiens et de qi sous des paradigmes qui sont différents de ceux de la médecine occidentale, comprenant donc d’autres concepts (triple réchauffeur, shen, etc.) qui n’existent pas en médecine occidentale.

Certaines pressions à travers la peau induisent des actions réflexes, et la palpation à travers la peau fait partie de la démarche diagnostique (par exemple prise du pouls, palpation des ganglions). Il pourrait donc être envisageable de voir certains éléments de l’acupuncture comme une découverte empirique de phénomènes réels.

Mise en évidence des méridiens

À la fin du XXe siècle, des études dirigées par le Dr. J.E.H. Niboyet ont mis en évidence une diminution de la résistivité électrique de la peau au niveau du point d’acupuncture.
En 2005, en Allemagne, les auteurs d’études scientifiques27 utilisant la thermographie dermique, montrent que l’application d’une source de chaleur sur les points d’acupuncture se traduit par une diffusion spécifique privilégiée sur des trajets correspondant aux trajets traditionnels des méridiens. Ces études doivent maintenant être analysées par la communauté scientifique avant d’être considérées comme valides.

Hypothèses neuro-hormonales du mode d’action de l’acupuncture

De 1977 à 2001, des études suggèrent que l’action analgésique de l’acupuncture est liée à la production d’endorphines dans le cerveau. Cet effet peut être mis en évidence en bloquant leur action grâce à une molécule, la naloxone : administrée au patient, elle réduit l’analgésie liée à la morphine, et la sensation douloureuse est alors majorée chez le patient. Quand la naloxone est administrée à un patient sous acupuncture, l’effet analgésique est aussi supprimé.
En 1978, une étude réalisée sur des singes en enregistrant l’activité neuronale de leur thalamus a montré que l’effet analgésique de l’acupuncture durait plus d’une heure.
En 1993, des effets sur des inflammations localisées et l’ischemie ont été constatés.
Des études suggèrent en 2005 et 2006 que les sites d’action de l’analgésie provoquée par l’acupuncture incluent le thalamus, grâce à l’utilisation de l’IRMf (Imagerie par résonance magnétique fonctionnelle) et la TEP (Tomographie par émission de positons), des techniques d’imagerie cérébrale, et l’observation de l’activité du cortex cérébral qui montrent une action inhibitrice du stimulus lié à l’acupuncture.
En 2007, on a constaté que l’acupuncture augmentait les taux de monoxyde d’azote dans les régions traitées, provoquant un accroissement local de la circulation sanguine.
En 2010, on mesure chez la souris une forte teneur en adénosine (un antalgique sécrété par certaines cellules) dans la zone piquée par une aiguille, qui coïncide avec une diminution importante de la souffrance pour deux tiers des souris traitées. Des séances d’acupuncture de trente minutes sur des souris ont multiplié leur taux d’adénosine par vingt-quatre.
En 2010, l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle a mis en évidence une différence neurophysiologique entre l’effet antalgique d’un placebo et celui de l’acupuncture, chez l’humain. Le véritable traitement d’acupuncture activait des régions associées à la douleur, mais pas le placebo.

Efficacité clinique

L’efficacité clinique de l’acupuncture est en cours d’évaluation. En raison de la complexité du fonctionnement de l’organisme et des biais humains inhérents à toute expérimentation, l’efficacité d’une méthode thérapeutique ne peut être établie que par des études cliniques, utilisant notamment des méthodes statistiques et la comparaison avec l’effet placebo. Ces études doivent être réalisées en double aveugle. Les études disponibles sont soit une comparaison acupuncture contre acupuncture simulée, soit une comparaison acupuncture contre traitement conventionnel.

Acupuncture et acupuncture simulée

Une méthode est de comparer l’action de l’acupuncture traditionnelle (sur les méridiens classiques) à celle d’une acupuncture simulée (pour écarter un éventuel effet placébo) où les aiguilles sont placées ailleurs que sur ces mêmes méridiens.

Les études montrent des résultats partagés avec une efficacité parfois comparable des deux techniques, tant dans les migraines que dans les lombalgies chroniques. De même, une étude comparative sur les nausées causées par la radiothérapie anticancéreuse sur une cohorte de 215 personnes montre que les résultats sont identiques entre un groupe réellement soumis à l’acupuncture et un groupe qui croit l’être alors que les aiguilles se rétractent et ne transpercent pas la peau.

Acupuncture comparée au traitement conventionnel

Il est possible de comparer l’acupuncture à un traitement conventionnel (mais il ne s’agit alors plus d’une étude randomisée en double aveugle).

Dans une étude allemande de 2007 portant sur une cohorte de 1162 patients, l’implantation aléatoire d’aiguilles (sans tenir compte des méridiens traditionnels) améliore significativement l’état du patient par rapport aux traitements conventionnels (amélioration supérieure de 75 %), ce qui permet au professeur Heins Endres, codirecteur allemand de cette étude, de dire que « l’acupuncture pour les lombalgies est extrêmement prometteuse ». Des médecins se sont exprimés en faveur de l’acupuncture à l’issue de cette expérience : c’est le cas de Briar Berman, directeur de l’université du Maryland, et de James Young, du centre médical de l’université de Chicago. « La supériorité des deux formes d’acupuncture suggère un mode d’action commun, explique le docteur Haake. Ces thérapies agissent probablement sur la génération de la douleur ou sur sa transmission par le système nerveux central. En tout cas, ce mode d’action est plus efficace que les traitements conventionnels. »

 

Indication thérapeutique selon l’acupuncture occidentale

Selon l’American Academy of Medical Acupuncture (2004), l’acupuncture peut être considérée comme une thérapie complémentaire pour les pathologies suivantes. Ces indications sont basées sur une expérience clinique et ne sont pas toujours contrôlées par des recherches cliniques. Les astérisques « * » indiquent que l’Organisation mondiale de la Santé valide ces indications dans sa publication Acupuncture: Review and Analysis of Reports on Controlled Clinical Trial.

  • distension abdominale / flatulences
  • contrôle de douleurs aiguës et chroniques
  • sinusites allergiques
  • anesthésie pour les patients à haut risque ou patients ayant un historique d’effets indésirables aux anesthésiques
  • anxiété, attaques de panique
  • arthrite / arthrose
  • douleurs thoraciques atypiques
  • bursite, tendinite, syndrome du canal carpien
  • troubles gastro-intestinaux fonctionnels (nausées et vomissements, spasmes œsophagiens, hyperacidité, côlon irritable)*
  • syndromes du col de l’utérus et du rachis lombaire
  • constipation, diarrhée
  • toux avec contre-indications médicamenteuses
  • désintoxication (drogues)
  • dysménorrhée, douleurs pelviennes
  • douleurs d’épaule
  • céphalées (migraines et tensions), vertiges (maladie de Menière), acouphènes
  • palpitations idiopathique, tachycardie sinusale
  • maîtrise de la douleur, de l’œdème, renforcement de processus de guérison en cas de fractures
  • spasmes musculaires, tremblements, les tics, les contractures
  • névralgies (trijumeau, zona, postzostérienne douleur, autres)
  • paresthésie
  • hoquet persistant
  • douleurs de membres fantômes
  • fasciite plantaire
  • iléus post-traumatique et post-opératoire
  • syndrome prémenstruel (Certains auteurs restent très sceptiques quant à l’efficacité de l’acupuncture dans ce cas ; des expériences en acupression, forme de traitement traditionnel proche de l’acupuncture, auraient validé au contraire l’efficacité des points d’acupuncture pour cette indication.
  • certaines dermatoses (urticaire, prurit, eczéma, psoriasis)
  • séquelles d’accident vasculaire cérébral (aphasie, hémiplégie)
  • handicapés moteurs du septième nerf crânien (nerf facial)
  • hyperthermie sévère
  • entorses et contusions
  • bruxisme
  • incontinence urinaire, rétention (neurogène, spastique, les effets indésirables de médicaments)

D’autres sources préconisent l’utilisation de l’acupuncture pour la stérilité, dans le cadre de la fécondation in vitro. L’acupuncture pourrait améliorer sensiblement le taux de succès des FIV. Elle est utilisée dans certains pays anglophones dont les États-Unis. Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Acupuncture de Wikipédia en français (auteurs)


Cette téchnique/méthode peut convenir (liste non exhaustive) dans les cas suivants :


  1. Trouble de stress post-traumatique Trouble de stress post-traumatique