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D’exactement combien de temps dans la nature avons-nous besoin pour améliorer notre bien-être?

D’exactement combien de temps dans la nature avons-nous besoin pour améliorer notre bien-être?

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Passer du temps dans la nature peut améliorer le bien-être général, mais de combien d’exposition avons-nous besoin? Une nouvelle étude conclut que 2 heures par semaine suffisent pour en tirer les bénéfices, bien que des questions importantes demeurent.

 

Dans la société occidentale, alors que les interactions globales avec la nature diminuent peu à peu, les scientifiques s’interrogent sur la possibilité de renouer les liens avec les parcs, les bois et les plages, au bénéfice de notre santé et de notre bien-être en général.

 

Les chercheurs ont mené un certain nombre d’études, de qualité variable, sur le rôle de l’interaction de l’homme avec la nature dans la santé en général.

 

Par exemple, l’étude « Espaces verts de quartier et santé dans un grand centre urbain » (https://www.nature.com/articles/srep11610 – en anglais) a conclu que le fait de vivre dans des zones comportant plus d’arbres améliore la perception de la santé physique et mentale d’une personne et réduit le risque de maladies cardio-métaboliques.

 

Une autre étude de 2016 (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26540085) a conclu que « vivre dans des zones où les espaces verts sont plus nombreux réduit la mortalité, principalement de maladies cardiovasculaires ».

 

Malgré la lente accumulation de preuves sur les avantages de se promener dans des espaces verts, personne n’a calculé le temps exact qu’une personne doit passer dans la nature pour en tirer les bénéfices.

 

Les auteurs de la nouvelle étude, de la faculté de médecine de l’Université d’Exeter au Royaume-Uni et de l’Université d’Uppsala en Suède, visaient à « mieux comprendre les relations entre le temps passé dans la nature par semaine, l’idée qu’on se fait de son état de santé et le bien-être subjectif ».

Ils ont récemment publié leurs conclusions dans la revue Scientific Reports (https://www.nature.com/articles/s41598-019-44097-3?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+srep%2Frss%2Fcurrent+%28Scientific+Reports%29&utm_content=Google+Feedfetcher).
 
 

Temps d’interactions avec la nature

Pour l’étude, l’équipe a pris des données de l’enquête « Monitor of Engagement with the Natural Environment », qui comprend un échantillon représentatif du public britannique. Pour cette enquête, les chercheurs ont recueilli des données en menant des entretiens en face à face avec les participants.

 

Ils ont utilisé un échantillon de 20.264 personnes et leur ont posé une série de questions, dont deux étaient: « Comment est votre état de santé en général? » et « Dans l’ensemble, dans quelle mesure êtes-vous satisfait de la vie de nos jours? »

 

Ils ont également demandé aux participants combien de temps ils avaient passé dans la nature au cours des 7 derniers jours, y compris « les parcs, les rivières et fleuves, les espaces naturels, la côte et les plages; la campagne, y compris les terres agricoles, les bois et les collines. », mais en excluant « les courses de routine ou le temps passé dans votre propre jardin ».

 

Les chercheurs ont demandé à quelle fréquence ils allaient dans la nature et le temps qu’ils y passaient; à partir de ces informations, ils ont extrapolé l’exposition moyenne hebdomadaire des participants à la nature.

 

Avant l’analyse, les scientifiques ont également contrôlé une longue liste de variables, notamment le sexe, l’âge, la moyenne d’exercices pratiqués chaque semaine, le niveau de carences dans la région, la possession d’un chien et le statut relationnel des participants.

 
 

2 heures par semaine

Ils ont constaté qu’il fallait atteindre la barre des 2 heures de contact avec la nature, pour voir une amélioration du bien-être et de la santé des participants. Moins de temps passé dans la nature n’apportait pas un grand changement ainsi que plus de temps passé dans la nature ne boostait pas proportionnellement les effets positifs.
L’exposition à la nature pouvait se faire d’une traite de 2 heures ou lors de plusieurs contacts plus courts.

 

« Deux heures par semaine est, espérons-le, un objectif réaliste pour de nombreuses personnes, d’autant plus qu’il peut être réparti sur une semaine entière pour en obtenir le bénéfice. »
– Chef d’étude Dr. Mathew P. White

 

Les auteurs de l’étude soulignent l’ampleur de l’effet positif, en expliquant que l’augmentation de la santé et du bien-être après deux heures de contact avec la nature chaque semaine est similaire aux différences observées chez:

  • les personnes vivant dans une zone faiblement défavorisée par rapport à une zone fortement défavorisée
  • les personnes occupées dans une profession de classe sociale élevée ou basse
  • les personnes pratiquant les niveaux d’activité physique recommandés par rapport à celles qui ne le font pas.

 

En raison de la taille impressionnante de l’effet, l’équipe espère que les responsables de la santé publique seront bientôt en mesure d’utiliser le nombre de données probantes pour introduire de nouvelles règles. Comme l’explique le professeur Terry Hartig, co-auteur de l’étude:

 

« Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles passer du temps dans la nature peut être bon pour la santé et le bien-être, notamment pour avoir une meilleure vue sur les circonstances de notre vie, pour réduire le stress et pour passer du temps de qualité avec nos amis et notre famille. »

 

Il ajoute: « Les résultats actuels offrent un soutien précieux aux praticiens de la santé en terme de recommandations sur le fait de passer du temps dans la nature pour promouvoir la santé de base et le bien-être, similaire aux recommandations de pratiquer une activité physique hebdomadaire. »

 
 

Un certain nombre de limitations

Cette étude aborde la question de la cause et de l’effet; par exemple, peut-être que les personnes qui présentent des symptômes dépressifs ne ressentent pas le besoin de visiter les forêts.

 

Comme l’écrivent ses auteurs, « nous ne pouvons pas exclure la possibilité que l’association soit, du moins en partie, due à des personnes en meilleure santé et plus heureuses qui passent plus de temps dans la nature ».

 

Ils expliquent également que leur méthode de mesure de l’exposition hebdomadaire à la nature était loin d’être parfaite, écrivant qu’ils « demandèrent une seule visite choisie au hasard dans la semaine précédente ». Cependant, ils pensent que sur plus de 20 000 personnes, la méthode en soi n’interfère pas négativement avec les résultats.

 

En outre, ils rappellent à quel point il est important de traiter les données d’interview « avec prudence », car la mémoire humaine n’est certainement pas parfaite.

 

Bien que le seuil de 2 heures soit la statistique principale, les auteurs appellent à la prudence ici aussi. Ils estiment que cette durée, du moins en partie, pourrait être due au regroupement dans les données; les gens sont beaucoup plus susceptibles de dire qu’ils ont visité une forêt pendant 1 ou 2 heures, par exemple, plutôt que 1 heure et 23 minutes ou 2 heures et 49 minutes.

 

Mis à part les limitations, les preuves s’accumulent quant aux avantages psychologiques de passer du temps dans la nature.



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